dimanche 24 août 2014

9e Championnats du Monde de Sudoku - Partie 2

  1. Tiit Vunk (Estonia)   00:00
  2. Kota Morinishi (Japan)   00:17
  3. Bastien Vial-Jaime (France)   01:03
  4. Seungjae Kwak (South Korea)   01:09
  5. Hideaki Jo (Japan)   01:30
  6. Michael Ley (Germany)   01:42
  7. Nikola Zivanovic (Serbia)   01:44
  8. Ulrich Voigt (Germany)   01:53
  9. Rishi Puri (India)   01:54
  10. Timothy Doyle (France)   01:55

Les neuf autres finalistes du Grand Prix de Sudoku 2014 et moi-même venons de prendre place ; de même que l'an dernier, chacun est installé à une table individuelle, sous la surveillance d'un(e) juge-arbitre. Une différence notable par rapport à l'édition 2013 : plusieurs écrans nous font face, sur lesquels sera affichée en temps réel la progression de chacun des concurrents ; principalement à destination du public bien entendu, mais ils nous seront également visibles. Toujours sur le même principe que l'année passée, nous aurons à résoudre une série de sept grilles (une par tournoi) alternant variantes et classiques, et prendrons le départ de façon différée en fonction de notre classement préliminaire. L'écart entre Tiit Vunk, premier à démarrer, et Timothy Doyle, ne sera cependant que d'une minute et cinquante-cinq secondes, de quoi laisser miroiter une médaille même aux joueurs qui partiront en dernière position. L'ordre des grilles sera le suivant (voir le livret d'instructions de la finale pour les règles de chaque variante) :

1) Double Sudoku
2) Sudoku Classique
3) Sudoku Irrégulier
4) Sudoku Classique
5) Sudoku Triomino
6) Sudoku Classique
7) Sudoku Palindrome

Le Double Sudoku et le Sudoku Triomino tirent un peu trop du côté des puzzles à mon goût et je trouve la proportion de grilles classiques légèrement trop élevée, mais au bout du compte je considère que seul le Triomino peut véritablement me poser problème. Le tout sera de ne pas sécher sur cette grille.

Tiit démarre, bientôt suivi de Kota. Interminable minute que celle qui suit, faisant s'étirer les secondes à n'en plus finir, et durant laquelle - pour absurde que ce soit - j'ai le sentiment que mes deux adversaires ont déjà dû prendre une avance considérable. Enfin je peux m'élancer à mon tour sur la première grille !

Grille 1 : Double Sudoku (Andrey Bogdanov)
Je progresse lentement sur cette première grille, qui n'entre qu'à grand-peine dans la catégorie des variantes de sudoku ; je n'ai cependant rien à reprocher à la grille elle-même et compte tenu de sa difficulté modérée, elle finit par tomber. Nous sommes loin d'une démonstration d'efficacité mais je conserve à l'esprit le fait que la finale ne fait que commencer et que ce Double Sudoku n'en était que la prémice.

Grille 2 : Sudoku Classique (Prasanna Seshadri)
Je ne pense pas offenser son auteur en disant que j'aurais préféré avoir à résoudre une variante de sa conception plutôt qu'une grille classique ; d'autant plus que je sais que sa propre préférence, en tant qu'auteur, va à ces premières ; mais le directeur du Grand Prix en décida autrement.
La grille n'est pas exceptionnellement esthétique mais bien conçue, et d'une difficulté modérée. J'en viens à bout en moins de deux minutes malgré l'emploi de quelques candidats superflus il y a du mieux, mais ce qui était valable à l'issue de la première grille l'est encore : les difficultés sont à venir.

Grille 3 : Sudoku Irrégulier (Deyan Razsadov)
Et, parlant de difficultés, voici la première qui se présente à moi. La grille est là encore plus qu'abordable mais je néglige - ou du moins en fais un mauvais usage - la Law of Leftovers, technique des plus précieuses sur cette variante et dont je suis pourtant un fervent adepte. Cela me coûte plusieurs minutes et je ne viens à bout de cette troisième grille que dans un temps par trop supérieur à celui de Tiit et Kota, même si je n'en ai pas conscience sur l'instant.

Grille 4 : Sudoku Classique (Salih Alan)
Nous nous attendions à ce que la difficulté des grilles aille en s'accroissant, et ce deuxième sudoku classique semble le confirmer. Nettement plus coriace que le premier, il demande de repérer quelques doublets peu évidents afin de pouvoir appliquer un X-Wing et un Gratte-Ciel, ou d'en passer par une unique chaîne comme je le fais. Je reprends sur cette grille plus d'une minute à Kota, et en profite pour lui griller la politesse. Cela ne durera malheureusement pas.

Grille 5 : Sudoku Triomino (Ko Okamoto)
Seconde variante au goût de puzzle, le Sudoku Triomino est celui dont je me méfie le plus. Je sais que ce n'est pas sur cette grille qu'il me sera possible de distancer l'un des joueurs japonais ou l'un ou l'autre des spécialistes de puzzles et mon seul objectif est d'éviter une erreur, quitte à perdre un peu de temps ; ce d'autant plus que je sais, grâce aux indications affichées sur les écrans qui nous font face, être en avance sur les poursuivants. Je me tire en fin de compte moins mal que je le craignais de cette grille, et si Kota me repasse devant ce n'est que d'une petite vingtaine de secondes.

Grille 6 : Sudoku Classique (Cedomir Milanovic)
À mi-chemin entre les classiques 1 et 2, celle-ci a été construite sur le thème du Grand Prix (les chiffres donnés forment le motif GP). La grille est raisonnablement facile mais le terme de la finale approche et sans que je m'en sois aperçu, le stress a commencé à me rattraper. Je la résous laborieusement (je la referai quelques jours plus tard, à tête reposée, en 2:30 - contre près de 3:30 le soir de la finale) et profite de la minute de correction pour souffler et tenter de me rasséréner en me convainquant qu'au vu de ce qu'affiche l'écran, je dispose d'une solide avance sur les concurrents 4 à 10. Arrive la dernière grille, dont je présume qu'elle va nous opposer une certaine résistance.

Grille 7 : Sudoku Palindrome (Frédéric Stalder)
La juge-arbitre pose sur ma table l'ultime feuille, et là... surprise. La grille déborde de chiffres. Je m'attendais à une grille coriace et économe en indices, et je ne peux que constater que, tout au contraire, c'est par un sprint que nous en allons en terminer. Je constate immédiatement que la grille est esthétique (ce sont cette fois les deux palindromes qui forment les initiales GP, encadrés par deux rubans de chiffres horizontaux) et manifestement très facile mais il me faut quelques instants pour me faire à cette dernière idée, tant je m'étais préparé à une ultime résolution technique et progressive. Concrètement, cela signifie deux choses : que rattraper Tiit sera impossible à moins d'une grave défaillance de sa part, et rattraper Kota difficile également ; cela veut aussi dire que mon poursuivant le plus proche, l'allemand Michael Ley, qui n'est de surcroît pas un sprinteur, ne peut, sur le papier, plus revenir sur moi.
Je finis tant bien que mal par m'atteler au problème et avance à un rythme... bien faible, doublement perturbé par cette grille plus facile que prévu et par la proche perspective d'un podium. Je candidate à outrance (certes jamais plus de deux chiffres par case, mais c'est déjà trop sur une telle grille), tourne de droite et de gauche au lieu de suivre un plan de résolution cohérent... et finis par rendre ma feuille après une ultime relecture et un soupir de soulagement.
Une minute plus tard, ma juge-arbitre - la slovaque Zuzana Hromcova - lève le pouce en direction du public pour signifier la validité de ma grille, mettant ainsi un terme à cette finale.

Tiit Vunk, ayant pour ainsi dire fait la course en tête du début à la fin, remporte cette deuxième édition du Sudoku Grand Prix devant Kota Morinishi, auteur d'un remarquable chrono sur la dernière grille. Et quelques minutes plus tard, je prends place sur l'estrade à leurs côtés pour recevoir le trophée symbolisant ma 3e place, et par là même mon premier podium international.


De son côté, mon compatriote Timothy Doyle, parti en dixième position, est remonté jusqu'à la sixième place (en considérant que la grille qu'il venait de rendre était juste - septième dans le cas contraire) ; un résultat enthousiasmant pour une première finale à ce niveau.

Il est intéressant de noter que cette dernière grille ne comportait, tout bien pesé, que 22 chiffres, ce qui n'est pas à proprement parler un nombre aberrant d'indices ; je mets sur le compte de ce moment bien particulier qu'est une finale de championnat cette altération de la perception... La grille en question est accessible à l'adresse http://sudokuvariante.blogspot.fr/2014/08/palindrome-sudoku-n9.html, accompagnée de la version originale - comportant quatre chiffres de moins et jugée trop difficile, bien qu'à titre personnel je partage, avec son auteur, l'opinion inverse.

Ainsi s'achève la première journée de ces championnats, avec une finale menée à un rythme correct mais pas exceptionnel ; je pense avoir fait preuve de beaucoup plus d'efficacité lors de la finale 2013... à trois erreurs près, bien entendu. Il m'aura cette année manqué un peu de vitesse pour pouvoir accrocher les deux premières places, mais je m'estime néanmoins satisfait d'être parvenu à éviter de reproduire les bêtises qui ont ruiné mes deux dernières finales.
Après un après-midi décevant, cette finale somme toute réussie me met un peu de baume au coeur et me permet surtout de me relâcher ; ayant d'ores et déjà atteint l'un de mes objectifs de l'année, je sais que j'aborderai les autres avec moins de pression, et c'est plus détendu que je m'apprête à faire face à la deuxième journée de ces championnats.

À suivre !

Nota : les images employées pour illustrer l'article ne m'appartiennent pas ; il va de soi que je les retirerai sur simple demande de leur auteur.

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